Sixte Doria

Family Coat of Arms Doria
  • Born circa 1508
  • Deceased in 1564, at the approximate age of 55 years

Parents

Family

Notes

Genealogie delle famiglie nobili di Genova De Natale Battilana

Les Doria de France: Provence, Avignon et Comté Venaissin, Bretagne, Ile de ... De Léon-Honoré Labande

Les documents cités ci-dessus ont mentionné l’existence de six enfants de François et de Madeleine Doria. Un fils seul survivait à la date du 26 janvier 1531 : Sixte, devenu docteur ès lois, après avoir étudié très certainement en l’Université d’Avignon. Tous les auteurs qui ont parlé des Doria de Provence l’ont connu et cité, car il a joué un rôle important dans l’histoire de sa famille ; malheureusement les actes authentiques le concernant sont extrêmement rares.
Il ne resta pas en Avignon, où cependant il devait avoir de nombreux intérêts, et dès 1535, il était déjà assez connu à Carpentras pour entrer dans le conseil de cette ville . Ce n’est pas à dire qu’il y fût alors établi d’une façon permanente. En effet, le notaire Lhieuterii, transcrivant sur ses registres la quittance du loyer de la maison que Sixte possédait en la carrière des Juifs d’Avignon, et le contrat de bail qu’il passa quelques jours après pour le même immeuble (2 et 9 mars 1542), déclarait que son client habitait tantôt Avignon, tantôt Carpentras . Il finit par se retirer définitivement dans cette dernière ville : c’est là qu’il s’était marié le 2 janvier 1534, et qu’il avait épousé Esprite de Morel.
Selon Pithon-Curt et Artefeuil le nom de famille de celle-ci n’aurait pas été Morel, mais Merles, et la femme de Sixte Doria aurait appartenu à la maison des seigneurs de Beauchamp, dont il a été question au chapitre précédent. Si cette attribution était exacte, elle aurait été la fille de François de Merles et d’Hélène de Cambis, la belle-fille par conséquent de sa cousine Françoise de Ponte, avec laquelle se remaria François de Merles. L’union d'une demoiselle de Merles et d’un Doria n’aurait rien qui puisse nous étonner, étant données les relations qui existaient certainement entre les deux familles; cependant nous ne croyons pas qu’il faille l’accepter comme véritable. D’abord tous les actes authentiques que nous possédons indiquent la forme Morel et non Merles ou l’équivalente Meruli ; ensuite le chevalier de l’Hermitte, dont la Bibliothèque de Carpentras conserve le manuscrit intitulé : Eloges historiques de l'illustre maison Doria et qui semble avoir tenu en main les preuves de ses assertions, dit positivement que Sixte Doria épousa « damoiselle Esprite de Morel, unique héritière de cette famille. » Cette qualification ne peut certes pas s’appliquer à une fille de François de Merles, qui eut au moins six enfants. L’abbé Robert, de Briançon , La Chenaye-Desbois et Badier donnent le même nom : ce dernier auteur même nomme Barthélémy de Morel, le père de la femme de Sixte .
Sixte habitait à Carpentras une maison située sur une petite place, à laquelle il donna son nom et qui s’est longtemps appelée place Doria. Nous ne savons à quels titres, ni par quels moyens,mais il est certain qu’il conquit rapidement dans sa nouvelle résidence une situation fort honorable. On a lu ci-dessus que dès l’année 1535, il avait fait partie du conseil de Carpentras en qualité de conseiller nouveau; il y entra une seconde fois en 1550 . Puis, sans qu’il eût occupé d’autres fonctions qui le missent en relief d’une façon spéciale, lorsque, le 1er mai 1561, on procéda à l’élection annuelle des officiers municipaux, il fut choisi pour premier consul : les autres consuls furent François Blachet et Sébastien Camaret On leur lut aussitôt les statuts de la ville concernant leurs fonctions ; on leur rappela qu’ils devaient recouvrer à leurs frais et à leurs risques et périls, de concert avec le trésorier, toutes les créances de la communauté, percevoir les impositions décrétées pour le temps de leur administration, et avoir terminé ces opérations financières six mois après la fin de leur exercice, sous peine d’être responsables pécuniairement. Ils furent avertis qu’ils avaient le droit de faire des ordonnances, mais avec l’autorisation du conseil adjoint à eux et en présence du recteur du Comtat ou de la grande cour de l’ordinaire, qu’il leur fallait assurer le service des eaux, faire payer par le trésorier les cens et redevances dus par la ville, que c'était à eux d’ester en justice pour la communauté, qu’ils avaient l’obligation de louer les immeubles de la cité, de les faire réparer et d’entretenir le mobilier public en bon état, qu’ils avaient été élus pour poursuivre tous les auteurs des méfaits et injustices dont souffriraient leurs concitoyens, réclamer du pape et de son légat les libertés, immunités, franchises et privilèges de la cité, réparer et entretenir les fortifications, continuer l’œuvre de la construction de la cathédrale de Saint-Siffrein, pour laquelle on les laissait libres de mettre des impôts sur le marché et la poissonnerie, etc. Après quoi, on exigea d’eux le serment de servir avec zèle et fidélité les intérêts de la ville et l’on procéda à leur installation .
Pendant son consulat, commencé, semble-t-il, sous d’heureux auspices, Sixte Doria vit naître et grossir l’orage qui allait éclater sur la région et la mettre à feu et à sang. Les huguenots devenaient en effet assez forts pour inspirer de vives inquiétudes. Les derniers mois de l’année 1561 furent même marqués par quelques soulèvements et quelques massacres dans le Comtat, que sillonnèrent des bandes armées. En ces périlleuses circonstances, il fallait veiller plus que jamais au salut du pays et à la sauvegarde de ses habitants. Les consuls de Carpentras, sous la direction de Sixte, n'y manquèrent pas; ils se hâtèrent de mettre la ville en état de défense, ils l’approvisionnèrent de munitions de guerre, envoyèrent à Marseille chercher des canons et de la poudre, etc. Leur vigilance eut d’heureux effets : elle tint d’abord les ennemis éloignés et mit l’antique cité en état de résister quelque temps après (28 juillet 1562) aux assauts du trop illustre baron des Adrets. Quand le siège de Carpentras eut lieu, Sixte n’était plus consul depuis moins de trois mois : conformément aux lois, il avait été remplacé, lui et ses collègues du consulat, par André Bénédicti, Antoine de Paul (dont le fils devint gendre de Sixte) et Pierre Salomé. Son rôle, pour n’avoir pas été mis en relief parles événements, n’avait cependant pas, comme on le voit, manqué d’une réelle importance : Sixte avait rendu des services très appréciables à sa nouvelle patrie d’adoption. Malgré la fin de son consulat, et bien qu’il n'exerçât plus aucune charge publique, il ne se considérait pourtant pas encore comme délié de ses obligations envers des concitoyens qui l’avaient accueilli avec autant d’honneur. L’auteur du "Discours des guerres du Comté Venaissin", Louis de Pérussis et les historiens du Comtat , citent son nom parmi ceux des défenseurs de Carpentras, qui montrèrent le plus de vaillance lors du siège par le baron des Adrets.
Après cela, Sixte disparaît complètement de la scène de ce monde : il est vrai qu’il ne vécut plus de longs jours : au mois de septembre 1564, il était déjà défunt . Sa femme, restée veuve, existait encore en 1577 . Il est regrettable qu’on ne puisse préciser davantage l’époque du décès de l’un et de l’autre, pas plus que l’on ne sait la date de leur naissance.
Le témoignage de Sixte lui-même apprend qu’il avait eu quatre fils : François, Jean, Antoine et Pierre, et qu’Antoine était mort avant le 13 décembre 1559 . D’autres documents indiquent que trois filles au moins lui étaient également nées : Marie, Pierre et Françoise.

 

Date de mariage supposée. Le supplément à la généalogie Doria exposant la branche française indique : le 2 janvier 1554, c'est qui est évidemment une erreur.