La seigneurie de Tonquédec appartenait à une branche cadette des comtes de Bretagne et prend ainsi le rang de vicomté. Les terres de la vicomté de Tonquédec s'étendaient, outre sur la paroisse, sur Ploubezre, Rospez, Louargat, Belle-Isle-en-Terre et Trégrom. C'est au village de "Crec'h Cludic" que se dressaient les fourches patibulaires de la seigneurie de Tonquédec. La justice était rendue à l'auditoire de Rubudas, au nom du seigneur qui possédait un droit de haute, moyenne et basse justice. La vicomté d'ancienneté semble avoir donné naissance par son démembrement aux vicomtés de Tonquédec et de Plestin et à la seigneurie de Runefau. \ Prigent, vicomte de Tonquédec, seigneur de Coëtmen en Tréméven à la fin du XIIème siècle, maria sa fille aînée à Geslin de Penthièvre, fils cadet d'Henri d'Avaugour, comte de Penthièvre, et lui donna en dot le comté de Tonquédec et de Plestin. \ Il maria sa seconde fille à Georges III de Dinan Montafilant et lui laissa la seigneurie de Runefau. \ Du début du XIIIème siècle à 1520, cette vicomté appartient à la famille des Coëtmen (ou Coatmen ou Coitmen). La vicomté passe ensuite aux Gouyon de La Moussaye (au début du XVIIème siècle), puis à la famille Quengo de Tonquédec (en 1636). \ Cette seigneurie, qui était encore aux mains de René du Quengo en 1785, possédait jadis un droit de haute justice avec patibulaire à quatre pots qui s'exerçait au lieu-dit "Rububoas" (ou Rubudas). \ En 1268, le vicomte de Coëtmen et de Tonquédec accompagne Jean Ier aux croisades. \ En 1282, le vicomte de Tonquédec figure dans un traité conclu entre Jean Ier et Henri d'Avaugour. \ Au cours de la guerre de succession de Bretagne, les Coëtmen, vicomtes de Tonquédec, s'engagent aux côtés de Charles de Blois. Après la bataille d'Auray en 1364, Jean 1er de Coëtmen, vaincu, se rallie au nouveau duc Jean IV de Montfort. \ En 1378, le sire de Coëtmen fidèle au duc Jean IV, se ligue pour empêcher la réunion de la Bretagne à la couronne de France. \ En 1379, Rolland de Coëtmen et Geoffroy de Kerimel contribuent au retour du duc réfugié près du roi d'Angleterre. Rolland III se rebelle contre le jeune duc. En représailles, sa forteresse de Tonquédec est détruite en 1394-1395 par le duc Jean IV dans sa campagne contre Olivier de Clisson duquel Rolland III de Coëtmen, vicomte de Tonquédec était l'allié. \ En 1402, le vicomte de Coëtmen proteste contre la nomination du duc de Bourgogne comme régent et gouverneur du duc Jean V. \ En 1406, pour faire face à la menace anglaise, le château est reconstruit par Rolland IV de Coëtmen (ou Coatmen). Grâce au soutien financier du duc de Bourgogne, Roland IV de Coëtmen (ou Coatmen) entreprend sa reconstruction et son agrandissement, avec l'ajout d'un donjon. Jean II de Coëtmen adapte la forteresse à l'artillerie et aménage sur la façade ouest des appartements seigneuriaux. \ En 1590, le château de Tonquédec avait été relevé et occupé par les troupes du roi qui y restèrent pendant neuf ans. \ En 1451, Rolland de Coëtmen préside les états de Vannes. \ En 1487, le vicomte de Coëtmen est fait baron par le duc François II, en récompense de ses services dans les dernières guerres, notamment au siège de Nantes. Après les guerres de la Ligue, en 1626, le château est démantelé sur décision de Richelieu. \ Nota 5 : Tonquédec était une ancienne vicomté et châtellenie avec haute, basse et moyenne justice, qui fournissait cinq chevaliers à l'armée du duc, autant que les barons de Vitré et de Fougères ; elle relevait prochainement du duc. \ Ses seigneurs, au premier rang de la noblesse de Bretagne, étaient les premiers menants (Menant, droit de menée. Droit qu'a un seigneur d'avoir un jour pour se délivrer aux plaids avec tous ses sujets) en la juridiction de Lannion, et devaient au roi, de chef rente, vingt-cinq sous monnaie, à chaque terme Saint-Michel, de moitié avec le seigneur du Runfeau (ou Runefeau). \ Ils avaient des cours dans six paroisses sur lesquelles s'étendaient les terres de la vicomté : Tonquédec, Ploubezre, Rospez, Louargat, Belle-Ile-en-Terre, Trégrom, et trois grandes barres ou juridictions principales : Coatmen, Tonquédec et la Roche-Derrien. \ Ils avaient, en outre, une sécherie de poisson en Pleumeur-Bodou et Trébeurden, du 1er mai au 14 septembre. Leurs vassaux devaient, dans cet intervalle, y apporter tous les congres et anguilles qu'ils péchaient, à peine de soixante sous et un denier d'amende par contravention. \ Le vicomte de Tonquédec avait le privilège de prendre le buffet dont s'était servi l'évêque de Tréguier, le jour de son entrée dans sa ville épiscopale ; il avait le droit d'apprécier en deniers les rentes de grains à lui dues, et de les évaluer douze deniers plus cher que le prix fixé par les trois marchés précédents de Lannion. \ Sa cour ou juridiction était tenue au lieu de Rubuzoas par le sénéchal et autres officiers, et ses plaids généraux quatre fois par an. \ Indépendamment de tous ces droits, le vicomte de Tonquédec avait un sergent général féodé (officiers chargés de mettre à exécution les sentences, arrêts et juments), lequel était franc et exempt de toute taille. \ [Le seigneur de Coatleven en Trégrom, prévôt (ses fonctions consistaient à poursuivre les malfaiteurs ; il faisait fonctions d'écuyer aux entrées solennelles) de Tonquédec, recevait des chefs rentes en vertu desquelles il devait à la seigneurie, à chaque époque de Saint-Michel, une paire d'éperons dorés estimée vingt-cinq sous, et une paire de gants estimés seize sous]\ : droit de greffe civil et criminel (droit sur les jugements et actes), droit de sceau (le sceau sert à sceller les ordonnances, lettres patentes, provisions de charges ou offices) et de tabellionage, droit de lods, rachats (droit qu'a le vendeur de reprendre la chose en remboursant le prix) et sous-rachats, droit de guet (droit que chaque habitant non noble ou ecclésiastique des châtellenies paie au seigneur châtelain, au lieu de la garde et du gué que celui-ci pouvait exiger qu'ils fissent dans son château) sur les hommes de la châtellenie de toute ancienneté, sauf le temps de guerre où, d'après un aveu de 1538, il ne pouvait l'exercer qu'avec la permission du roi. \ Il avait droit de marché le lundi et trois foires dans l'année, et, pour les hommes et sujets de la paroisse de Tonquédec, droit et privilège d'exemption de toutes les contributions qui se font pour la nourriture par étapes, garnisons et passage des gens de guerre par la ville de Lannion et autres villes ou lieux circonvoisins. \ La vicomté avait conservé l'ancienne coutume des Gaulois kimris, tirant son origine de la tribu ou clan kennedl. La kennedl s'associait pour la culture des terres comme pour le service des armes. Elle formait un petit état ayant pour chef un pen-kennedl ou capitaine. Chaque membre du clan se considérait comme l'homme ou le parent du Pen-Kennedl, qui devait accorder à tous une égale protection. Ceux qui construisaient des maisons au lieu de Rubuzoas, près du château, étaient exempts de toute taille et subside par privilège spécial (Gaultier de Kermoal).
Castelland