Écuyer (1385-après 1418)
Châtelain de Peyrusse en Rouergue (1385-après 1418)
La famille de Peyrusse tire son origine et son nom de la petite ville de Peyrusse, dans les environs de Villefranche de Rouergue , appelée dans les actes latins Petrucia. Cette ville , l'une des plus anciennes de la province de Rouergue, et connue depuis la domination romaine, possède encore les ruines d'un ancien chàteau fort, bâti sur une roche escarpée. Le Dictionnaire géographique d'Expilly rapporte qu'on voyait vers le milieu du siècle dernier d'anciens mausolées avec des armes, dans le cimetière qui avoisinait l'église de Peyrusse , et que l'un de ces monuments portait les armoiries de l'illustre maison de Médicis; que , selon d'anciens actes, il y avait à Peyrusse des consuls au nombre de cinq et tous gentilshommes, pour l'administration de la ville; qu'enfin étant prouvé que l'un de ces consuls avait porté le nom de Médicis, quelques historiens avaient auguré de ce fait que cette maison souveraine pouvait être sortie de Peyrusse.
Il y a en Guienne un bien petit nombre de familles dont la filiation soit aussi ancienne et aussi hien appuyée que l'est celle de la maison de Peyrusse.
Antérieurement à l'affranchissement des communes, les seigneurs de Peyrusse durent posséder en toute suzeraineté la localité de ce nom. Ils ne la perdirent qu'après avoir donné des coutumes aux habitants, et sans doute à l'époque des premières Croisades. Dès lors, ces seigneurs restreignirent leur autorité directe à leur demeure féodale, tout en conservant héréditairement la charge de capitaines, gouverneurs ou châtelains de la ville de Peyrusse, dont la suzeraineté alla se confondre dans les domaines des comtes de Rhodez et de Toulouse , et plus tard dans celui du Roi de France.
Dans une bulle du pape Urbain II, donnée pendant le séjour que fit ce pontife en France pour y prêcher la première Croisade, et datée du monastère de Saint-Martial de Limoges, la veille des calendes de janvier (31 décembre 1095), les seigneurs de Peyrusse (de Petrucia) se trouvent nommés avec un grand nomhre d'autres nobles des provinces de Rouergue et de Quercy, comme avoués et défenseurs de l'abbaye de Figeac, dont ils détenaient certains fiefs.
Jacques DE PEYRUSSE, écuyer, seigneur de La Caze et de Bez, châtelain de Peyrusse, en Rouergue, obtint, le 21 octobre 1385, de Jean, fils du Roi de France, duc de Berry, et lieutenant général en Guienne et en Languedoc, des lettres patentes portant exemption des Tailles en sa faveur, attendu qu'il était issu de noble race et de maison noble. Il rendit aveu et hommage au roi Charles VI, par acte passé devant Jean Valette, notaire royal, le 8 août 1399, des biens nobles qu'il possédait; obtint, le 13 janvier 1418 (v. st.), des lettres d'État et commission, datées de Châtillon, de Charles de France, fils du Roi, gouverneur des provinces de Dauphiné et Touraine, comte de Poitou ; et du même prince, le 15 mars suivant (v. st.), des lettres de commission de l'État et nombre de 80 hommes d'armes.