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Originaire de la ville de Caunes en Minervois, noble Jacques Ier de Maurel épousa par contrat du 24 octobre 1559 Demoiselle Françoise de Bernon, fille de Noble Antoine de Bernon, seigneur de Combericard, écuyer de Rouairoux (entre Caunes et Anglès) et de Dame Bernade de Pellapoul. Ce contrat fut établi au château de Saint-Amans (en présence du vicomte de Saint-Amans, Sébastien de Génibrouse, de son fils Guillaume, de noble Jacques de Barrau, sieur de Marquiès et d’autres témoins), devant le notaire Monjardin.
Dans ses "Mémoires sur les guerres de religions à Castres et dans le Languedoc de 1555 à 1610", Jacques Gaches évoque Jacques de Maurel dont, dit-il, le nom de guerre était Capitaine Uscladelles (Saint-Martin d’Uscladelles est l’ancien nom d’un hameau d’Anglès - aujourd’hui Saint-Martin - qui avait jusqu’à la Révolution le statut de paroisse ; nous savons par des registres notariés que Jacques de Maurel y possédait des terres). En avril 1580 à Anglès, il fut l’un des protagonistes d’un sanglant épisode :
Antoine Seguin, fils de Rigaud, pour se venger de ses ennemis, organisa un complot pour remettre la ville d’Anglès aux mains des Catholiques. Il prit attache avec un certain capitaine Vernon (Bernon?) et Jacques de Maurel car ce dernier, ajoute Gaches, « avait du crédit parmi les catholiques de Caunes ». L’affaire fut un fiasco qui coûta la vie à Vernon et à Rigaud Seguin lequel mourut dans l’incendie de sa demeure. Il ne s’agit là que d’un minuscule épisode au milieu des multiples violences politiques à connotation religieuse de cette époque agitée, mais il est remarquable de retrouver notre Jacques de Maurel dans ce récit, et de lui voir associé le nom de Bernon et la ville de Caunes. Tous ces éléments concordent de façon étonnamment précise avec le récit de nos origines que nous a transmis le Prospectus rédigé à la fin du XVIIIème siècle1.
Par son mariage, Jacques Ier de Maurel hérite de la seigneurie de Combericard de son beau-père Antoine de Bernon. On ignore d’où lui provient celle de Mazas, mais en 1590 il fait l’acquisition de la métairie du Gazel. En 1596, il signe avec son épouse un accord qui met un terme à un long procès qui, depuis plus de 30 ans, opposait les seigneurs de Combericard (Antoine de Bernon, puis son gendre) à la famille Alquier.
Le 13 septembre 1599, aux côtés du consul de la ville Daniel Alquier, noble Jacques de Maurel, sieur de « Combe-Ricard » est avec deux autres gentilshommes d’Anglès, l’un des témoins signataires d’un accord entre la communauté et Mgr Pierre de Fleyres, évêque de Saint-Pons, au sujet du paiement de la dîme du prieuré des Aussetats.
La même année, il « arrente » par contrat des terres qu’il possède sur la paroisse de Saint-Martin d’Uscladelles.
Encore cité dans un acte notarié du 24 mars 1612, il mourut peu avant le 9 février 1614, date à laquelle sa veuve remet ses biens à son fils aîné César par un acte reçu par Paul Cèbe, notaire royal d’Anglès, « pour prendre le nom et titre de leur maison afin de protéger et conserver l'honneur et lustre d'icelle ». Dans ce même acte, Françoise de Bernon demande à son fils aîné de remettre à son frère cadet Marquis la somme de 4000 livres, lorsqu’il aura atteint l’âge de 25 ans.
1Dans son Histoire du protestantisme dans l’Albigeois et le Lauragais, publiée en 1873, Camille Rabaud reprend cet épisode en y ajoutant la conclusion suivante : « Tout au plus une douzaine se sauvèrent, parmi lesquels le capitaine Uscladelles, qui put ainsi porter dans le Carcassès d’où il était venu, l’authentique nouvelle de ce revers. »