Blason de la famille de Maurel de Lapomarède
  • Né vers 1575
  • Décédé après 1635

Parents

Famille

Notes

Noble César de Maurel, premier du nom, sieur de Combericard naquit sans doute vers 1580, peut-être plus tôt. Il épousa le 10 février 1614 devant Lannoy, notaire à Anglès, Demoiselle Anne de Rozet, fille de Noble Jacques de Rozet, seigneur et baron de la Nogarède et de Dame Madeleine de Villettes.

Plutôt que de suivre l’exemple de son beau-père dans la lutte d’influence acharnée que se livraient alors la « Religion Prétendue Réformée » (R.P.R. ainsi dénommée officiellement) et l’Église catholique, il semble bien que notre César de Maurel ait adopté un comportement modéré et qu’on puisse le ranger dans le groupe des « prudents », selon l’expression alors en usage. C’est ce que l’on peut déduire des quelques indices parvenus jusqu’à nous et dont voici le détail :

Entre 1621 et 1629, les « guerres de Monsieur de Rohan » agitent le sud du royaume ; la région de Castres, en tant que bastion huguenot, est au cœur des événements. En 1625, le baron de la Nogarède, beau-père de César de Maurel, reprend les armes et dirige victorieusement la défense de Castres contre les troupes du maréchal de Thémines.

Le 19 décembre 1627, alors que Richelieu a mis le siège devant La Rochelle, « Daniel Alquier, d’Angles, s’estant depuis quelques jours, fortifié dans sa maison au faubourg d’Enbourg près dudit Anglès, y amena tambour battant trente ou quarante soldats qu’il estait allé chercher à Brassac, Castelnau et aux environs. Il les mit là en garnison et la nuit suivante ils furent tirer quelques mousquetades près du fossé dudit Angles, si bien que, le lendemain, les habitants se rendirent à ladite maison pour les en faire sortir ; mais les voyant résolus de se défendre et de leur tirer dessus, ils furent contraints de se retirer.

Depuis, ayant parlementé avec eux, ledit Alquier fit entendre aux habitants que son dessein estait de courir sus les catholiques et leur prendre aussi tout le bestail qu’il pourrait, ce que lesdits habitants luy auraient dict vouloir empescher de toute leur puissance. A cet effet, ils mirent sept ou huit soldats en garnison à la Rambergue pour l’empêcher de faire ces désordres.

Le surlendemain 21 décembre, les sieurs Des Homs, premier consul d’Angles, de Combericard, Des Calmettes son frère, et de La Vaissière-La Combe furent députés dudit lieu d’Angles pour venir trouver M. le président de Suc1, et luy déclarer au nom de la ville que, suivant la précédente déclaration par eux faite, ils estoient résolus de vivre et mourir dans l’obéissance du Roy.

Après avoir eu advis, tant dudit seigneur président que de M. l’advocat général, comment ils devoient se conduire sur le sujet de l’affaire dudit Alquier, ils s’en retournèrent le lendemain. »2

Par cette protestation de fidélité, César de Maurel, sieur de Combericard et son frère Marquis, sieur des Calmettes, se plaçaient résolument dans le camp de la modération. Ils suivaient en cela la position prudente et conciliante des huguenots castrais, sagement menés par Jean de Bouffard, qui refusaient de suivre la folle entreprise du duc de Rohan.

Peut-être est-ce cette modération qui fut la cause de la capture, en mars 1628, de César de Maurel et d’autres gentilshommes protestants d’Anglès par M. de Toulouse-Lautrec, sieur de Saint-Germier, lieutenant du duc de Rohan, qui les conduisit à Roquecourbe avant de les libérer quelques jours plus tard.

Cette attitude prudente n’empêche pas quelques coups de force. Ainsi le 6 avril 1628, « un peu avant le jour, le sieur de Combericard et quelques autres s’estant assemblés avec plusieurs paysans de la terre d’Angles s’en allèrent à Brassac. Et ayant passé le gué de Saint-Chinian, ils se rendirent à une grange de M. de Marquein au bout du faubourg dudit Brassac du costé de Castelnau. Ils enfoncèrent la porte de ladite grange, et ayant trouvé six soldats Sévénols qui y gardoient le bestail lequel ils avoient pris le samedy auparavant dans les métairies de la parroisse de Saint-Pierre dudit Angles, iceux soldats ayant faict quelque résistance, ils en tuèrent un et prirent le bestail et le ramenèrent à leurs métairies ; ce qui donna l’alarme audit lieu de Brassac, la plus part croyant qu’on estoit là pour les surprendre ». (mémoire de Jean Olès sur la dernière guerre du duc de Rohan 1627-1628)

En 1629, La Rochelle rentrée dans l’obéissance royale, la paix d’Alès, puis l’édit de grâce de Nîmes accordaient l’amnistie aux protestants qui voyaient néanmoins disparaître les privilèges politiques qui leur avaient été accordés par l’édit de Nantes. Les réformés languedociens perdaient aussi leur chef de guerre et grand agitateur, le duc de Rohan, exilé à Venise.

En 1632, la province de Languedoc fut à nouveau secouée par un important soulèvement, cette fois contre la pression fiscale que Richelieu accentuait. Lorsqu’en juin le maréchal-duc de Montmorency, gouverneur de la province, prit la tête du soulèvement, il fut suivi avec enthousiasme par toute la petite noblesse. La réaction de Richelieu ne se fit pas attendre : dès le 1er septembre les rebelles étaient écrasés par l’armée royale devant Castelnaudary, et le 30 octobre, l’infortuné duc de Montmorency, condamné pour lèse-majesté, était décapité au Capitole de Toulouse. Mgr Pierre de Fleyres, évêque de Saint-Pons, qui avait tenté de temporiser en se maintenant à l’écart des parties fut néanmoins accusé d’avoir soutenu la rebellion. Il mourut en prison l’année suivante.

Il ne fait pas de doute que César de Maurel, sieur de Combericard, et son frère Marquis sieur des Calmettes, prirent une part active dans ces événements. En effet, on retrouve leurs deux noms sur la longue liste de gentilshommes cités devant le Parlement de Toulouse en 1633, « prévenus des crimes de rébellion, brûlement, rançonnements, pilleries, relation avec les rebelles soulevés et en armes contre l'autorité du roi, asile donné aux gens de guerre de la rébellion, remise de châteaux et lieux fortifiés, assassinats, levées de soldats et gens de guerre, etc., commis pendant les derniers troubles de la province ».

Si on n’a pu retrouver quel effet eurent ces poursuites, ni César de Maurel ni son frère ne furent condamnés à suivre le destin funeste du maréchal de Montmorency. Ainsi, le sieur de Combericard est présent le 17 octobre 1635, assistant en tant de parrain, en l’église réformée de Castelnau-de-Brassac au baptême de Margot de Gautrand.

Pendant les trois décennies suivantes, sa signature apparaît encore régulièrement sur des actes notariés, la dernière le 10 mars 1664, pour le mariage de sa dernière fille Magdelaine.

Le 1er août suivant, « se trouvant malade dans son lit de certaine maladie corporelle », César de Maurel dicte son testament devant David Alba, notaire d’Anglès. Il mourut peu de temps après cette date et en tout cas avant le 5 octobre 1666.

1De 1627 à 1637, Abel de Suc était président de la Chambre de l’Édit de Castres, dite aussi Chambre mi-partie de Languedoc. Cette institution, créée par l’Édit de Nantes, était composée à égalité de magistrats catholiques et protestants. Elle était chargée de juger les litiges dans lesquels au moins l’une des parties était de religion réformée. Elle a joué un grand rôle pacificateur jusqu’à sa dissolution en 1679.

2Mémoires de Jean Olès sur la dernière guerre du duc de Rohan (1627-1628). Manuscrit publié en 1907 dans la Revue historique, scientifique et littéraire du département du Tarn (ancien pays d’Albigeois).