Auguste (de) Caunes

Auguste Elisabeth Antoine

Auguste Caunes père

  • Né le 3 janvier 1785 à Ginestas
  • Décédé après juillet 1848

Parents

Famille

Occupations

  • journaliste et homme de lettres
  • rentier à Paris

Notes

https://maitron.fr/caunes-auguste-dit-auguste-caunes-fils/, notice CAUNES Auguste, dit Auguste CAUNES fils. par J. Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Journaliste et homme de lettres, publiciste d’inspiration républicaine et socialiste, auteur de nombreuses brochures en direction des ouvriers. Membre des sociétés républicaines. Blanquiste en 1848. On ne connaît guère les activités, sous la Restauration, d’Auguste Caunes qui se disait rentier, mais l’on connaît ses idées à travers l’éducation qu’il donna à son fils Auguste. Dès août 1830, il s’associa avec lui pour lancer la publication du Moniteur des Faubourgs, où il était rédacteur. Ils adhérèrent tout de suite à la Société des Amis du Peuple, au sein d’une fraction « robespierriste ». Outre les nombreuses brochures, citées ci-dessous parmi les œuvres, et sa participation aux brochures de la SAP, il publia chez Chantpie les discours de Robespierre, Marat et Saint-Just. Ses publications, notamment Des Moyens d’instituer le gouvernement de tous… et Lettre d’un Faubourien, adressée, au nom de ses camarades des Faubourgs, à la garde nationale, où il est demandé aux gardes nationaux bourgeois et petits-bourgeois parisiens de ne pas tourner leurs armes contre les faubourgs, lui valurent des procès aux assises de la Seine. Pour la première, il fut arrêté en avril 1831 et subit trois mois de prévention à Sainte-Pélagie et à la Conciergerie pour être acquitté le 18 juillet 1831, et pour la seconde, il fut acquitté le 24 août 1831. Sa plaidoirie parut dans Société des Amis du Peuple, 31 août 1831. Dans sa réunion du 23 novembre 1831, sur proposition d’A. Caunes qui depuis quelque temps déjà s’y employait, la SAP accepta que quelques-uns de ses membres « s’occupent d’organiser les ouvriers en sociétés correspondantes avec la société centrale » C’est l’origine des sections ouvrières qui commencèrent à se mettre en place au printemps 1832 sous la responsabilité d’A. Caunes, Sugier et Gaussuron-Despréaux, malgré des réticences de la majorité qui précisa bien que ces sections devaient rester des annexes dont les participants n’étaient pas des membres de la SAP à part entière… Mais le rôle majeur en revint à Caunes, depuis longtemps en opposition avec la tendance modérée majoritaire de la SAP. Robespierriste de longue date, il prend comme véritable credo politique, la Déclaration des Droits de l’Homme et la Constitution de 1793. C’est dans cet esprit qu’il forma les sections ouvrières. Il commença à réunir chez lui une trentaine d’ouvriers qu’il avait connus lors du Moniteur des Faubourgs, chacun s’engageant à former une section de 20 membres qui demandèrent à prendre la qualification de Sections des Droits de l’Homme et du citoyen et incitaient la SAP à se réclamer, comme elles, de la déclaration robespierriste. La tension s’amplifia jusqu’à la fin. Parallèlement, des poursuites furent engagées contre A. Caunes, Felix Avril et Napoléon Lebon, à la suite des violentes émeutes bonapartistes du 5 mai 1832 aux cours desquelles fut arrêté Levayer, porteur d’un pistolet et de convocations de la SAP. Peu après, à la suite de l’arrestation d’une vingtaine de membres de la SAP, le 1er juin, dans le local de la société, Caunes fut l’un des 33 signataires d’une protestation de la société contre ce viol de domicile. Après les journées de juin 1832, les sections des Droits de l’Homme se comportèrent comme une véritable société indépendante, la Société des Droits de l’Homme était créée. Ce fut au tour d’un grand nombre de membres de la SAP de solliciter leur réception à la SDH en acceptant comme symbole politique la déclaration des Droits de l’Homme. Un comité fut créé, jouant un rôle centralisateur, contrôlant toutes les sections et décidant de l’action. Il est composé de A. Caunes, fondateur des sections, de deux ouvriers, Lambert et Soulier, de Guinard et Cavaignac, qui en devint président. A la suite d’un coup de pistolet que l’on crut destiné au roi, le 19 novembre 1832, Caunes fut arrêté avec de nombreux membres de la SAP, dont Flocon Desjardins, Thirion et N. Lebon et incarcéré à Sainte-Pélagie jusqu’au procès qui eut lieu en mars 1833. Entre temps, amené de Sainte-Pélagie avec Gabourd, prisonnier avec lui et prévenu comme lui, il comparaît le 15 décembre 1832 au procès du droit d’association avec 12 autres prévenus sur 19. Ils furent acquittés. Seuls, prisonniers, Caunes et Gabourd étaient présents lorsque la Cour prononça la seconde et dernière dissolution de la SAP. Il fut l’un des défenseurs choisis par les accusés d’avril, mais il ne semble pas avoir signé les textes des 6 et 11 mai 1835. Peut-être était-il indisponible, car il fut en effet incarcéré pour « complot » le 26 mai 1835 à Sainte-Pélagie et libéré pour non-lieu le 11 juillet 1835, pour être ensuite compromis dans l’attentat du 26 juillet (affaire Fieschi), où il bénéficiera également d’un non-lieu. Il semble être sorti d’un long silence lorsqu’en 1848 il publia une série de trois brochures d’inspiration socialiste-blanquiste (il avait assisté à la première réunion tenue par le « Vieux » au Prado le 25 février, jour de son retour à Paris), parues sous le titre générique de Lampion républicain. Dans la première était reproduit le discours qu’il avait prononcé le 6 mai devant le Club républicain ; la troisième, parue début juillet, était une protestation courageuse contre les massacres de juin. Il habitait alors 51, rue de Cléry (Paris Ve arr., maintenant IIe).