Catherine Doria appartenait à cette grande famille génoise qui remplit le monde de sa renommée et de ses exploits. Sans vouloir aborder ici les questions relatives à ses ascendants (nous les traitons ailleurs dans une histoire généalogique des Doria de France, à laquelle nous nous permettons de renvoyer), nous indiquerons seulement, pour l'intelligence de ce qui va suivre, que Catherine avait un frère du nom de Pierre, capitaine de la galère de la reine Marie de Médicis. C'est avec lui et du consentement de Jean Doria et de Marie Le Normant, qu'Artus Desfriches, au nom de sa femme, traita, le 5 juin 1612, pour la future succession de ses beaux-parents, Jean Doria et Marie Le Normand . Pierre Doria, en retour de la renonciation de sa sœur et de son beau-frère, s'engagea à leur payer, dans le délai de deux années, une somme de dix mille livres tournois, ou à défaut une rente annuelle de cinq cents livres.
Le même Pierre Doria semble avoir passé à Brasseuse la plus grande partie des loisirs que lui laissait son office et avoir affectionné d'une façon toute particulière la famille de sa sœur. A plusieurs reprises, il aida de ses propres deniers son beau-frère Artus Desfriches et alla jusqu'à lui prêter une somme de huit mille livres environ; de plus, il avança les douze mille livres, prix de la charge de gentilhomme ordinaire de Monsieur, achetée pour Charles Desfriches , fils aîné du seigneur de Brasseuse et augmenta de trois mille livres la dot de sa nièce Henriette Desfriches lors de son mariage avec Pierre Damiette ; enfin il écrivit à Toulon, le 8 juin 1630, un testament qui devait avoir une très grosse influence sur les destinées de certains Des Friches. Il légua en effet presque tous ses biens à Francois Desfriches Doria, deuxième fils d'Artus, et lui demanda en échange de porter son nom et ses armes, faute de ce, il lui substituait celui de ses neveux qui acquiescerait à cette condition. Pierre Doria mourut à Macon, le 24 octobre suivant, et François accepta le legs de son oncle, renonça, comme celui-ci l'avait voulu, à tous ses droits éventuels sur la succession de ses parents qu'il transféra à son frère aîné, prit le nom de Des Friches Doria et fut l'estoc de cette maison. Cependant, jusqu'à la date du 6 juin 1642, ce fut son père qui conserva la jouissance de l'héritage, et c'est seulement à cette époque que furent définitivement réglées toutes les affaires relatives au testament et à la succession ci-dessus mentionnés.
Histoire et Généalogie de la famille des Friches-Léon-Honoré Labande-1899
Genealogie delle famiglie nobili di Genova De Natale Battilana